AFTER
SCHOOL
La cloche sonnait, le cartable restait sur l’épaule…
et pendant quelques heures, tout semblait possible.
La cloche sonne.
Pas les grands souvenirs.
Les petits.
Ceux qu’on croyait complètement ordinaires et qui, des années plus tard, reviennent avec une précision étrange.
Encore
cinq minutes.
On ne part jamais vraiment à 16h30.
Il reste une dernière partie de POG devant l’école.
Celle qui peut faire rentrer une nouvelle pièce dans la collection.
Un Candy’Up sort du sac.
Puis les copains prennent la même direction.
Sur le chemin :
un BN,
un Malabar coupé en deux pour son crush,
quelques graines de tournesol passées de main en main.
On marche lentement.
Rentrer trop vite serait presque gâcher l’après-midi.
Le goût
du retour.
Certaines images réveillent un souvenir.
D’autres réveillent presque un goût.
Le chocolat du BN.
Le lait du Candy’Up.
Le chewing-gum qu’on gardait beaucoup trop longtemps.
Les graines de tournesol qu’un pote faisait tourner.
Des choses insignifiantes à l’époque.
Aujourd’hui, elles suffisent parfois à faire revenir tout un après-midi.
Aujourd’hui, on donnerait cher pour revivre vingt minutes de ce trajet. »
se trouvait dans votre pochette ?
On allume
la télé.
Le cartable tombe quelque part dans l’entrée.
La télévision s’allume.
Les Razmoket.
Puis Dragon Ball.
Pendant quelques minutes, plus rien d’autre n’existe.
Entre deux programmes,
on ressort les images
Panini Tortues Ninja
fraîchement échangées devant l’école.
On les colle enfin dans l’album.
Les devoirs
attendront.
Le cahier de texte finit quand même par s’ouvrir.
Pour rendre l’épreuve supportable, le CD des Spice Girls tourne dans la chambre.
Une fois terminé :
Power Rangers.
Mais la sœur arrive,
récupère la télécommande
et met Le Prince de Bel-Air.
Alors on ressort les Hot Wheels.
Et finalement, on se retrouve ensemble devant
Malcolm.
À TABLE !
Ce soir, elle pense vraiment te faire plaisir. Elle a acheté un truc qui, dans ta tête d’enfant, ressemble presque à un repas de fast-food.
Le hamburger surgelé.
Deux minutes au micro-ondes. Tu t’assois. Tu croques dedans.
tu es content.
Parce que ta mère pensait te faire plaisir. Et à cet âge-là, avoir un hamburger un soir de semaine, même complètement raté au micro-ondes, c’était déjà presque une fête.
De 16:30
jusqu'à table.
Une collection
à l’aveugle.
Chaque modèle existe en seulement 9 exemplaires.
5 Silver. 3 Copper. 1 Gold.
La rareté ne se découvre qu’à l’ouverture.
10 septembre
18h — ouverture publique
pochettes
9 exemplaires par modèle
Édition limitée
allez-vous ouvrir ?
De la sortie de l’école à 16h30 jusqu’au hamburger surgelé de 20h.
Peut-être un Silver. Peut-être un Copper.
Ou peut-être l’un des 16 Gold uniques de la collection.